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Donner un CMV à l'année ? En cure ? Quels bénéfices ? Quels risques ?

Donner un CMV à l'année ? En cure ? Quels bénéfices ? Quels risques ?

Commençons par définir ce qu'est qu'un CMV :

Nous partons du postulat qu’un cheval étant un herbivore, il se nourrit essentiellement de fourrage (herbe ou foin). Lorsqu’il en a la possibilité, il pourra également consommer d’autres plantes disponibles, des écorces d’arbres, des fruits, des baies, etc. Mais il est très rare, de nos jours, que les chevaux évoluent sur des terrains suffisamment équilibrés et variés pour avoir accès à une alimentation assez diversifiée, alcalinisante, anti-inflammatoire et nos sols sont de plus en plus pauvres et acides (cultures intensives, pollution, acidification, etc.). Les maladies sont certes mieux détectées et connues désormais, mais le nombre de pathologies alimentaires est en explosion (Syndrome Métabolique Equin, Cushing, fourbures chroniques, ulcères, etc.) et la qualité de l’alimentation n’y est pas pour rien.
 
L’objectif d’un CMV (Complément en Minéraux et Vitamines) est de venir rééquilibrer l’alimentation quotidienne du cheval : combler les manques, compenser certains excès dans la mesure du possible, rééquilibrer les ratios d’assimilation des différents éléments (minéraux ou oligo-éléments) et limiter l’oxydation des cellules, l’inflammation et l’acidification de l’organisme (ces processus entraînent un grand nombre de pathologies à terme). 
Une alimentation équilibrée permettra de conserver ou de rétablir le meilleur métabolisme possible dans l'environnement du cheval, développer un bon système immunitaire, des pieds forts et sains, améliorer la santé globale à long terme.
 

Quels sont les déséquilibres classiques des fourrages ?

D’après les statistiques d’analyses de fourrage, on sait que pour la totalité des fourrages on manquera de cuivre, de zinc et en général de soufre, 3 éléments décisifs pour avoir (entre autres) des pieds, cartilages, tendons/ligaments et os forts, un système immunitaire performant, des poils et crins brillants etc.
 
Le fer est un oligo-élément essentiel pour le bon fonctionnement de l’organisme (entre autres pour les globules rouges et le transport de l’oxygène). En excès, il devient pro-inflammatoire, pro-infectieux et pro-oxydant, se stocke dans le foie et est responsable de nombreuses pathologies. Il est toujours en quantité suffisante dans les fourrages (même lorsque celui-ci est en dessous des moyennes) et bien plus souvent en excès, donc on évitera autant que possible tous les apports supplémentaires.
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Le manganèse est un oligo-élément particulier. Il intervient dans plusieurs fonctions essentielles (développement des cartilages, fonctions reproductrices, métabolisme des glucides et des lipides etc.). Dans 90% des cas, les apports sont largement suffisants dans les fourrages voire excessifs (avec au moins les mêmes conséquences néfastes que le fer en excès), mais dans certains cas, il peut manquer. Nous faisons le choix de ne pas en apporter sauf lorsque l’analyse spécifique du fourrage le nécessite pour éviter les risques de surdose.
 
A moins d’être en bord de mer, les fourrages sont carencés en iode. Le sélénium est également déficient dans la quasi-totalité des fourrages (mais en cas d’excès les conséquences peuvent être graves – nous le verrons plus bas).
 
Dans la grande majorité des cas, il y aura un ratio excessif en calcium (environ 90% des fourrages analysés) par rapport au phosphore et au magnésium, donc il faut s’assurer d’apports suffisants en phosphore et magnésium pour permettre leur assimilation et éviter les apports trop importants en calcium (attention à la croissance, ou le ratio idéal entre calcium et phosphore est idéalement proche de 1.5, là où un ratio compris entre 1.2 et 2 sera ok pour un cheval adulte). Le magnésium intervient dans plus de 365 réactions enzymatiques, assure la stabilité émotionnelle, limite la résistance à l’insuline et l’acidification de l’organisme. En bref, il est indispensable !
 
Les acides aminés essentiels notamment méthionine (source de soufre assimilable de même que le MSM – aide à prévenir l’arthrose par exemple) ou la lysine sont également importants pour les chevaux au foin et encore plus pendant la croissance ou pour les chevaux âgés. Les apports sont souvent limités dans les fourrages et nécessitent d’être complétés pour des chevaux en bonne santé.
 
Si l’herbe est bien pourvue en vitamines, le foin l’est beaucoup moins : voir les différences principales entre herbe et foin ici. Une complémentation en vitamine E notamment est donc également indispensable pour les chevaux au foin (on parle de minimum 1000UI – 2000mg pour un cheval de 500kg pour une vitamine E non naturelle).
 

Dans quel cas donner un CMV ?

L’ensemble des analyses de fourrages réalisées (herbe et foin) montre systématiquement des carences et/ou excès. Par conséquent, si votre cheval est uniquement au foin ou à l’herbe, il aura besoin d’un CMV pour équilibrer son alimentation quotidienne.
 
Si votre cheval reçoit une ration de concentrés (céréales, aliment industriel, fibres diverses etc.), selon la quantité et le type de concentré, selon si ce concentré est bien pourvu en minéraux, oligo-éléments et vitamines, il se peut que votre cheval ait besoin en plus d’un CMV en quantité adaptée.
 
La gestation de la mère puis la période de croissance du poulain sont deux périodes cruciales pour tout l’avenir du cheval, il faut donc impérativement s’assurer que les apports soient corrects, que ce soit via un aliment complet et/ou un CMV selon l’âge et le développement du poulain (le manque de cuivre et zinc – encore ces deux-là ! – des carences à ces stades peuvent entraîner par exemple des problèmes d’hyperlaxité).
 

A quelle période faut-il complémenter son cheval ?

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La croyance veut qu’à l’herbe les besoins sont couverts : les besoins en vitamines et oméga 3 oui, en protéines également, mais les apports en minéraux et oligo-éléments restent les mêmes que l’on soit sur du foin ou de l’herbe.
 
On peut donc effectivement se permettre d’apporter un CMV sans vitamine E, D ou A au printemps/été, mais les carences en cuivre, zinc, soufre, seront sensiblement les mêmes, parfois plus selon si l’on est sur un terrain surpâturé, acidifié ou dégradé.
 
S’il y a besoin d’un CMV, il en faut donc toute l’année, mais on peut effectivement en adapter la composition selon si le fourrage consommé est de l’herbe, ou du foin.
 
En période hivernale, même avec de l’herbe à disposition, nous recommandons d’apporter suffisamment de vitamine E dans l’alimentation quotidienne.
 

Y a-t-il des risques à donner un CMV ?

OUI ! On ne donne pas un CMV sans se poser la question des besoins spécifiques de notre cheval, et sans regarder de près sa composition, que l’on dispose d’une analyse de fourrage ou non !
 
Un cheval avec un très bon métabolisme et qui ne travaille pas fort (trotteur, selle-français qui va bien par exemple) sera à même de supporter plus « d’erreurs » alimentaires qu’un poney cushing, fourbu, en surpoids, un cheval porteur de maladies bactériennes (type Lyme, piroplasmose, leptospirose, etc.), en inflammation digestive ou respiratoire. Parfois, il sera plus prudent de ne pas complémenter son cheval plutôt que de prendre le risque d’exacerber les déséquilibres du fourrage avec un complément non adapté.
 
Le sélénium est un antioxydant puissant avec la vitamine E, mais en excès il devient toxique, entraînant de l’inflammation, et pouvant aller jusqu’au désabotage en cas d’intoxication aigüe.
 
Il conviendra de ne pas cumuler 2 CMV, de respecter les doses recommandées, et d’être vigilant lorsque l’on donne déjà un aliment concentré complet !
 
Il faudra également faire attention aux matières premières du CMV en elles-mêmes, qui peuvent être sources de contaminations aux métaux lourds et limiter l’assimilation de certains éléments selon leur qualité.
 

Et l’assimilation dans tout ça ?

Toutes les formes de minéraux et oligo-éléments ne se valent pas en termes d’assimilation/biodisponibilité.
Les formes dites « naturelles », celles équivalentes à celles présentes dans les plantes seront plus assimilables. Pour le cuivre et le zinc par exemple, on s’orientera de préférences vers des bisglycinates, qui contiennent autant de cuivre et de zinc qu’un oxyde de cuivre ou zinc, mais qui seront bien plus assimilables (d’autant que les minéraux et oligo-éléments peuvent limiter leur assimilation mutuelle, d’où l’importance de respecter des ratios entre chaque).
 
Un bisglycinate de magnésium sera bien plus assimilable qu’un oxyde de magnésium, mais l’oxyde de magnésium contenant beaucoup plus de magnésium pur par gramme (pour simplifier) qu’un bisglycinate, on pourra en donner moins au total pour une assimilation au moins équivalente (là où il faudrait donner 5 ou 6x plus de bisglycinate pour une même quantité de magnésium assimilée).
 
Malheureusement, à moins de donner des quantités astronomiques de plantes, il est impossible d’apporter suffisamment de certains éléments, comme le cuivre ou le zinc, pour couvrir les besoins d’un cheval et encore moins équilibrer les ratios d’assimilation. En revanche, les plantes seront complémentaires d’un CMV pour des cures ponctuelles spécifiques en fonctions de leurs vertus.
 
De plus, les maladies, une mauvaise flore intestinale, la vieillesse, une mauvaise dentition, sont des facteurs limitants l’assimilation des nutriments. On adaptera donc les quantités de chaque élément selon le stade de vie du cheval et son état de santé globale.
 

En conclusion :

Nos terres et fourrages actuels (que ce soit herbe ou foin) ne permettent plus d’assurer naturellement une alimentation optimale pour nos chevaux, il est donc indispensable de les aider au quotidien, à l’année, pour mettre toutes les chances de leur côté d’avoir un métabolisme performant et une bonne santé générale.
 
Aussi nombreux que soient les bénéfices, apporter un CMV joue un rôle majeur dans l’alimentation quotidienne du cheval et il est nécessaire de tenir compte de plusieurs paramètres pour une alimentation juste : s’informer de ses besoins (dans les livres ou auprès de professionnels), prendre en compte son métabolisme, son environnement, son mode de vie, son activité, ne pas hésiter à poser des questions, et garder un regard critique malgré un beau marketing ou packaging.
 
Si les résultats attendus ne sont pas satisfaisants dans un délai raisonnable, il conviendra de refaire un point global sur l’environnement du cheval, l’ensemble des apports (quantités de fourrage, présence de mycotoxines, gestion de la flore intestinale, etc.), son état de santé global et envisager si nécessaire des analyses complémentaires (prises de sangs et examens vétérinaires, analyse du fourrage, etc.).
 
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S’il est certain qu’un poney ou cheval trop gros qui n’a pas de ration complémentaire aura besoin d’un CMV, il faut se poser la question pour le cheval de sport qui reçoit très souvent une ration de concentrés dits « complets » mais qui ne le sont pas forcément.
Rédigé le  5 jan. 2021 8:16 dans Alimentation  -  Lien permanent

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