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Flore intestinale et pathologies

Flore intestinale et pathologies


Lors d’un déséquilibre favorisant les bactéries opportunistes aux dépens des bactéries symbiotiques on parle de dysbiose. Plusieurs pathologies seraient liées à des modifications du microbiote intestinal. Des études mettent en évidence des différences de microbiotes lors de pathologies mais les causes sont peu étudiées. 

Modifications défavorables typiques du microbiote :
- diminution globale de la richesse du microbiote
- modification du ratio Firmicutes/Bacteroïdetes
- augmentation du taux des Proteobacteria

Causes de cette perturbation :
- L’alimentation
- Le vieillissement
- Le stress
- Les antibiotiques
- La déshydratation
- L’excès ou le manque d’activité
- Les maladies (ex : maladie de Lyme, piroplasmose, etc.)



Lorsque les bactéries de la flore intestinale meurent, elles libèrent des toxines. En grande quantité, ces toxines peuvent causer des coliques ou des fourbures.

Exemple : si l’apport en amidon dans la ration est trop important, l’enzyme qui doit le digérer (l’amylase) ne sera plus en capacité de dégrader tout l’amidon. Il se retrouvera donc dans le gros intestin. Les micro-organismes de l’intestin devront alors se charger de la dégradation de l’amidon, mais les bactéries cellulolytiques ne sont pas adaptées à cette dégradation, ce qui les tue.

Certains antibiotiques sont également responsables de la mort de bactéries de la flore intestinale du cheval (c’est pourquoi certains sont déconseillés et/ou qu’il faudra envisager de réensemencer la flore intestinale après un traitement). 

Le cheval est capable de s’adapter à son environnement :
- S’il vit au box et qu’il est nourri de plusieurs repas d’aliments concentrés dans la journée, sa digestion sera plutôt enzymatique, comme la nôtre.
- S’il est essentiellement nourri avec des fourrages, sa digestion sera plus proche de celle des ruminants, c’est à dire qu’elle sera plutôt microbienne.
Cependant, lors d'un changement alimentaire, il est important que la transition soit progressive (au moins 10 jours, voire 20 pour les chevaux âgés) pour que l’équilibre se rétablisse.

Des chevaux peuvent souffrir de fourbures/inflammations lors de changement alimentaire trop brusque (au moment de la mise à l’herbe après avoir passé l’hiver au foin par exemple, si aucune transition n'est effectuée). Dans ce cas, la flore bactérienne change rapidement et la disparition brutale de certaines bactéries qui étaient moins utilisées provoque des dégagements d’endotoxines. Les toxines s’accumulent dans la circulation sanguine avant d’être déposées dans les tissus conjonctifs.
En petite quantité, les premiers symptômes sont un engorgement des membres et des pieds chauds.
Si les toxines sont en plus grande quantité, elles empoisonnent le sang, la circulation sanguine se fait moins bien et les toxines restent accumulées notamment dans les pieds (point le plus bas du corps), ce qui engendre des épisodes d'inflammation pouvant aller jusqu'à la fourbure, des abcès, etc. (le sang est empoisonné par des déchets, des résidus, des toxines, qui ne sont pas éliminés correctement par l’organisme). Des études ont mis en évidence des modifications de la flore intestinale avant et après un épisode de fourbure.



Chez les humains obèses, on observe une flore intestinale déséquilibrée, ce qui peut aussi entraîner une résistance à l’insuline.
L’absence de l’espèce bactérienne Akkermensia muciniphila a un impact sur le métabolisme des lipides.
Une augmentation de Verrucomicrobia semble être un marqueur de l’intolérance au glucose chez les humains.

De même que l’obésité et le diabète, le syndrome métabolique équin est caractérisé par des dépôts graisseux, l’insulinorésistance (avec hyperinsulinémie) et la prédisposition aux fourbures. Les chevaux SME ont donc aussi un microbiote intestinal déséquilibré. En cas d’inflammation due à un surpoids, les bactéries envoient des signaux chimiques qui induisent le stockage énergétique des graisses dans le corps. 

Les colites sont les maladies présentant une inflammation du côlon, à haut taux de mortalité. Dans la plupart des colites, un déséquilibre du microbiote est un facteur clé. Des agents infectieux peuvent aussi être liés mais souvent ils ne sont pas déterminés.

Le microbiote serait aussi impliqué dans les coliques. Un déséquilibre de la flore intestinale est associé à la diminution du pH du côlon et à l’augmentation du taux d’acide lactique, ce qui développe une acidose et une modification de la population bactérienne.
On observe alors une modification dans les produits de la fermentation et les nouveaux métabolites formés peuvent avoir des effets indésirables sur la paroi intestinale. La quantité de polysaccharides augmente également, ce qui entraine une réaction inflammatoire. L’augmentation de la production de gaz et son accumulation dans le colon touche aussi la motilité intestinale. Le risque de colique est alors augmenté (le risque de diarrhée également).



Il existe une communication bilatérale entre le cerveau et l’intestin, dont le microbiote fait partie. Les bactéries intestinales influencent les comportements, régulent les réponses émotionnelles et interviennent dans les pathologies du système nerveux. Une dysbiose intestinale peut donc aussi provoquer des changements comportementaux. 

Les troubles de la flore intestinale ont donc un impact important sur la santé du cheval : désordres métaboliques, moins bon système immunitaire, inflammation, assimilation altérée de l’alimentation, troubles émotionnels etc.

Il est donc primordial de soutenir la flore intestinale (très fragile) du cheval à toutes les étapes de sa vie !
Les chevaux, au même titre que les humains, ne sont pas égaux en ce qui concerne la flore intestinale : deux chevaux vivant dans les mêmes conditions peuvent avoir des flores assez différentes, selon leurs origines, la qualité de la flore transmise par la mère à la naissance, les maladies/bactéries croisées sur leur chemin etc.

En cas de troubles persistants, il est désormais envisageable de faire tester la flore de son cheval afin de mieux orienter les actions à mener.

 

Rédigé le  25 juin 2021 16:16 dans Santé  -  Lien permanent

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